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GHK-Cu
Tripeptide de cuivre naturellement présent dans le plasma
- Le GHK-Cu est un tout petit peptide de trois acides aminés (glycine, histidine, lysine) qui transporte un ion de cuivre. Le corps en produit naturellement, et le taux sanguin baisse nettement avec l'âge.
- Il est étudié pour la peau, la cicatrisation et les tissus conjonctifs : il stimule le collagène, l'élastine et les molécules qui retiennent l'eau dans la peau.
- C'est l'un des peptides les mieux documentés chez l'humain, avec des essais contrôlés sur la peau et la cicatrisation.
Niveau de preuve
Documenté chez l'humain
Essais cliniques publiés chez l'humain, avec des résultats mesurés.
Famille
Tripeptide de cuivre naturellement présent dans le plasma
Demi-vie
Courte dans le sang ; l'effet passe par des changements d'expression génique qui persistent bien après.
Voie
Injection sous-cutanée pour une action générale ; application cutanée pour un effet local (la voie la plus étudiée chez l'humain).
Délai d'effet
Peau : plusieurs semaines à deux ou trois mois, le temps que le nouveau collagène se dépose. Cicatrisation : plus rapide.
Comment ça agit
Le mécanisme, expliqué
Un messager qui remet les gènes « en mode réparation »
Le GHK-Cu se lie à la surface des cellules et modifie l'expression de nombreux gènes : d'après les analyses de profils d'expression (base de données Connectivity Map du Broad Institute), il rapproche le profil de cellules âgées ou lésées de celui de cellules jeunes et saines. Concrètement, il augmente la production de collagène de types I et III, d'élastine, de décorine et de glycosaminoglycanes comme l'acide hyaluronique, les briques de la fermeté et de l'hydratation de la peau.
Le rôle du cuivre
Le cuivre n'est pas un passager : il est le cofacteur de la lysyl-oxydase, l'enzyme qui « soude » les fibres de collagène entre elles, et de la superoxyde dismutase, une enzyme antioxydante majeure. Le peptide livre le cuivre exactement là où ces enzymes en ont besoin, en quantité infime, sans les effets d'un excès de cuivre libre.
Anti-inflammatoire et remodelage
Le GHK-Cu réduit la production de cytokines inflammatoires (TNF-alpha, IL-6) et module les métalloprotéinases, les enzymes qui dégradent l'ancien collagène pour laisser place au nouveau. Il attire aussi les cellules immunitaires et les fibroblastes vers une plaie, ce qui explique les résultats sur la cicatrisation et sur la repousse des follicules pileux.
Ce que dit la science
Les études clés
Essais contrôlés chez l'humain pour l'application cutanée (fermeté, rides, densité de la peau) et pour la cicatrisation ; nombreuses études sur la peau, les cheveux, les os et les poumons. Le domaine le plus étudié est la peau.
- 1998Abdulghani et coll.
Essai contrôlé chez l'humain, crème au GHK-Cu contre témoins, peau du visage
Augmentation de la densité et de l'épaisseur de la peau, meilleure fermeté et réduction des rides fines par rapport aux témoins, dont la vitamine C et le rétinol.
- 2008Pickart, revue dans Journal of Biomaterials Science
Synthèse des études humaines et animales sur le peptide découvert par l'auteur en 1973
Effets cohérents sur la cicatrisation, le remodelage du collagène et l'inflammation, par le chercheur qui a découvert le peptide en 1973.
- 2012Pickart et coll., à partir des données du Broad Institute
Analyse d'expression génique en cellules humaines
Le GHK modifie l'activité d'un très grand nombre de gènes, dans le sens d'une réparation tissulaire et d'une réduction de l'inflammation.
Ce qu'on recherche
Effets et délais réalistes
Peau plus ferme, plus dense, mieux hydratée
Six à douze semaines
Cicatrisation plus rapide et plus nette
Premières semaines
Soutien des tissus conjonctifs (tendons, ligaments) et de la repousse des cheveux
Plusieurs mois
Sécurité
Ce qu'il faut savoir avant
Ce qu'on peut ressentir
- Réaction au point d'injection (rougeur, sensibilité).
- Baisse de tension ou étourdissement passager rapportés à l'occasion.
- En application cutanée, irritation légère chez les peaux réactives.
On arrête et on consulte si
- Réaction allergique (urticaire, gonflement du visage).
- Étourdissements répétés.
Pour qui ce n'est pas
- Maladie de Wilson ou tout trouble du métabolisme du cuivre.
- Grossesse ou allaitement.
- Cancer actif (stimulation de la croissance et du remodelage tissulaire).
Avec quoi
Associations fréquentes
On nous demande souvent
Trois questions, trois réponses
Crème ou injection ?
La crème agit là où on l'applique et c'est la voie la mieux étudiée chez l'humain. L'injection vise un effet général sur les tissus conjonctifs, la peau de tout le corps et la récupération. Les deux ne s'excluent pas.
Le cuivre est-il dangereux ?
À la dose portée par le peptide, la quantité de cuivre est infime et liée au peptide, qui la livre aux enzymes qui en ont besoin. Le risque concerne les personnes dont le corps ne gère pas le cuivre normalement, d'où la contre-indication en cas de maladie de Wilson.
Pourquoi le taux baisse-t-il avec l'âge ?
Le taux plasmatique de GHK diminue d'environ 60 % entre 20 et 60 ans. C'est l'une des hypothèses qui relient ce peptide au vieillissement de la peau et à la lenteur de cicatrisation avec l'âge.
Les mots
Glossaire de la fiche
- Collagène
- La protéine de structure la plus abondante du corps : elle donne aux tissus leur résistance.
- Élastine
- Protéine qui permet à la peau et aux vaisseaux de reprendre leur forme après étirement.
- Glycosaminoglycanes
- Grandes molécules (dont l'acide hyaluronique) qui retiennent l'eau dans les tissus.
- Cofacteur
- Élément (ici un ion de cuivre) sans lequel une enzyme ne peut pas fonctionner.
- Métalloprotéinases
- Enzymes qui découpent l'ancien collagène pour permettre le remodelage.
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